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Energie : Trois questions à... François Brottes

Vendredi, 28 Octobre 2011
enerpresseEn quoi, quatre ans après, le Grenelle qui se voulait l’acte fondateur d’un « New Deal » écologique et que le PS avait voté, ne vous paraît-il pas tenir ses promesses ?

Nous avions voté pour les grands principes de la loi Grenelle I en 2009. Puis est venu le temps de la mise en oeuvre, ou plutôt de l'évitement des vrais rendez-vous. Ce fut d'abord la « crise » qui justifia que les finances n'aillent pas aux grandes priorités, comme les transports collectifs et le fret, ou la réhabilitation des logements. La « relance » fut l'argument massue pour opposer croissance et développement durable, et revenir, dès la loi Grenelle II de 2010, sur les grands principes, en particulier pour les énergies renouvelables. Aujourd'hui, les dossiers clefs ne sont toujours pas traités (contribution climat énergie) ou sont encore reportés (maîtrise de l'énergie, éco-redevance poids lourds...).

La situation économique n’explique-t-elle pas à elle seule des coups de rabot sur les moyens mis en oeuvre ?

Au seuil du grand rendez-vous mondial sur les suites à donner au protocole de Kyoto, rien ne saurait justifier que l'on économise sur les moyens dédiés à la lutte contre le changement climatique, comme le prévoit le projet de loi de finances pour 2012. Le rapport Stern avait chiffré le coût astronomique de l'inaction à peu près à hauteur de celui de la crise mondiale actuelle.
Les récentes trajectoires d'émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial font craindre le pire à moyen et long terme. La situation économique serait bien pire, et surtout très difficilement réversible, si nous persistions à ne pas engager les investissements productifs d'avenir, ou à maintenir les exonérations fiscales favorables aux énergies fossiles.

Si la gauche arrive au pouvoir en 2012, ce Grenelle sera-t-il poursuivi en tant que tel ou revisité ?

Le Grenelle est un terme qui a politiquement du sens. S'il a été détourné par opportunisme, rien n'empêchera la gauche de le réinvestir par les actes. Les objectifs du 3 fois 20% d'ici 2020 du paquet énergie-climat européen doivent absolument être tenus. Nous avons des propositions claires et effectives, à l'instar de celles du Forum du PS sur les « biens communs et services essentiels » que j'ai présidé en mai dernier. La gouvernance « à cinq » est une pratique politique à ancrer durablement, car pour réussir les choix à faire doivent être partagés et assumés. C'est tout le sens du grand débat national sur la transition énergétique que nous mènerons avec les Français dès 2012.