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Interview : «Tout augmente : c’est la logique d’un Etat en train de devenir indigent»

Jeudi, 27 Janvier 2011

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Interview de François Brottes par Le Progrès.fr

 

>> Les péages d’autoroute augmentent, les tarifs SNCF aussi… Votre réaction ?

Tout augmente et ça commence à bien faire. Les consommateurs sont assaillis de toute part par des augmentations sur des activités qui concernent leur vie quotidienne, de l’énergie aux transports, en passant par l’assurance et la santé. On est dans une logique où l’Etat, ayant diminué ses ressources en impôts, je pense par exemple au bouclier fiscal, est en train de devenir indigent. Il est obligé d’aller chercher de l’argent ailleurs pour financer des services de base, comme certaines lignes de train indispensables à nos concitoyens, mais déficitaires.

>> Quelles lignes ?

Dans notre région, ce seront par exemple le Nantes-Tour-Lyon, le Strasbourg-Besançon-Lyon, le Metz-Dijon-Lyon… Pour les financer, il faut trouver de l’argent en dehors du budget de l’Etat. Il taxe donc d’une part les véhicules qui circulent sur les autoroutes, et d’autre part les TGV. Il faut savoir aussi que l’Etat demande à la SNCF de lui verser chaque année de l’argent, une forme de dividendes. Mais quand la majorité a décidé de privatiser la gestion des autoroutes, elle a privé l’Etat des dividendes sur l’exploitation. Elle maintient certes une taxe d’aménagement du territoire, mais on ne peut pas considérer que l’augmentation des tarifs des autoroutes soit directement liée à cette contribution.

>> Vous contestez donc les arguments de Monsieur Roverato ?

Il n’a que partiellement raison. L’Etat veut un peu le beurre et l’argent du beurre : il demande de l’argent à la SNCF pour son propre budget, alors qu’elle est en déficit, mais il s’est privé des subsides des autoroutes en les privatisant.

>> Seriez-vous prêt à revenir sur la privatisation des autoroutes ?

Nous l’avions dénoncée, quand Monsieur de Villepin l’avait décidée. Elle représentait certes d’un coup une recette importante pour le budget de l’Etat, mais presque indécente en rapport avec ce que les autoroutes lui permettaient d’encaisser chaque année. Il faudra revenir sur cette disposition. Mais les contrats sont signés, sur des durées supérieures à vingt ans, ce qui rendrait difficile et coûteux tout changement.

Recueilli par Francis Brochet