Adoption rocambolesque de la réforme des retraites : le symbole de la République abîmée
Sachant que le temps jouait en sa défaveur, la majorité a fait voter le plus rapidement possible sa réforme des retraites. Fût-ce au mépris des droits du Parlement et des principes républicains.
Alors que plus de 150 députés socialistes étaient inscrits pour faire valoir leur explication de vote individuelle, le Président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer a tout simplement mis un terme à la séance !
C’est pourquoi les députés socialistes ont demandé la démission de Bernard Accoyer et refusé de siéger pour les autres textes en discussion. On ne peut cautionner un tel « coup de force » de la part de celui qui a la charge de défendre la représentation nationale.
Une illégalité qui s’ajoute à l’injustice et à l’inefficacité de la réforme. En quelques heures de débats tronqués, la majorité a rayé de la carte la retraite à 60 ans, repoussé le départ à taux plein à 67 ans, pillé le fond de réserve des retraites, fait supporter 95% de l’effort de redressement sur les classes populaires et sur les classes moyennes. Le bulldozer UMP a laminé le contrat social. Aucune alternative n’a été admise. Aucune amélioration n’a été apportée même quand elles émanaient de quelques députés UMP effrayés par la dureté de leur propre réforme. Pénibilité des métiers, emploi des seniors, retraite des femmes ont été purement et simplement ignorés.
De cette déchirure du Contrat social aux entachements d’illégalité, nous sommes dans la droite ligne des dérives actuelles du pouvoir. Les ministres confondent l’intérêt général et l’intérêt de l’UMP. La justice est instrumentalisée. Les violations des droits fondamentaux valent à la France des rappels de l’ONU et de l’Union européenne. La liberté de la presse est malmenée par l’utilisation illégale des services secrets. La souveraineté des élus de la Nation est méprisée… La République est partout abimée.
Là est l’enjeu de l’alternative que nous avons défendue inlassablement dans l’hémicycle. Remettre la République à l’endroit. Redonner corps à ses valeurs et à son contrat social. C’est tout le sens des engagements que nous avons pris durant le débat sur les retraites. Oui nous rétablirons la retraite à 60 ans et à 65 ans. Parce que c’est un du aux ouvriers qui ont les carrières les plus longues et les plus dures, aux femmes ou aux précaires qui ont les carrières les plus hachées. Oui nous reconnaîtrons la pénibilité des métiers. Oui nous mettrons à contribution les revenus financiers. Mais nous disons avec le même esprit de justice et de vérité que ces droits ne peuvent être uniformes, que les allongements de la durée de cotisation font aussi partie du pacte entre les générations pour faire face aux évolutions démographiques.
Dans la crise politique et morale qu’a engendrée le sarkozysme, la gauche est plus qu’un pôle de résistance. Elle doit relever les couleurs de la République et de la Nation. C’est le fil rouge de nos journées parlementaires. C’est l’enjeu de l’alternance.
Lire le discours de Jean-Marc Ayrault, président du groupe SRC
Les débats sur le site de l'Assemblée nationale
Retraites : les députés PS boycotttent les débats du reste de la semaine, Nouvelobs.com







