Débat sur la crise économique et sociale et la régulation du système financier

Sur leur niche parlementaire du mois de novembre, les députés du groupe Socialiste, radical et citoyen ont organisé un débat sur la crise économique et sociale, et la régulation du système financier.
François Brottes est intervenu sur la nécessité de doter la France d'une vraie politique industrielle et économique.
Extraits :
" Ce n'est pas la crise qui a gâché la fête et empêché vos réformes de porter les fruits attendus. II n'est pas inutile de rappeler que ce sont vos gouvernements qui ont en quelque sorte poussé à la crise, et qui ont fragilisé tous les fondements de notre économie. Vous avez joué, vous jouez toujours le jeu de la spéculation !
Vous spéculez sur le dos du salariat tout d'abord, en précarisant le travail à tous les étages…
...Non contents de cela, vous spéculez aussi sur notre tissu économique. : alors qu'elles sont à la peine, vous avez choisi d'affaiblir nos PME.
...Pire encore, vous avez joué aux apprentis sorciers en déséquilibrant notre économie réelle, par la libéralisation et la privatisation, sans précaution, le secteur de l'énergie. Les conséquences ont été désastreuses pour nos industriels...
Comment ne pas parler de la faiblesse européenne de votre politique, et de ce chantier laissé en plan de l'harmonisation sociale, quand – à force de nier l'impérieuse nécessité d'harmoniser les conditions sociales du travail – des industries pourtant très profitables délocalisent dans des pays financés par le FMI, et où la main d' œuvre coûte trois fois moins cher. Je pense par exemple à Molex à Toulouse, ou à Tyco dans l'Isère ou à Pontoise.
Rien de tout cela n'a été remis en cause par le grand spectacle du G20, ou par l'hypothétique plan de relance européen.
... Face à la crise que nous traversons, il ne faut plus changer le pansement mais penser le changement.
...Soyons lucides : peut-on encore se payer le luxe de se contenter de substituer l'État ambulance à l'État providence ?
À l'évidence, la crise doit être l'occasion de changer de méthode : il nous faut réinventer l'État stratège, pour remettre la France et l'Europe sur les rails d'une économie pérenne et féconde.
...Oui, il fallait sauver les banques d'une faillite annoncée du crédit, mais il fallait exiger de réelles contreparties et mettre en œuvre un contrôle effectif, au lieu de se contenter de menacer de les mettre au piquet !
Oui, il fallait créer un fonds stratégique d'investissement, comme nous vous l'avions d'ailleurs proposé à plusieurs reprises, et encore au mois de juin dernier.
...Oui, il faut que l'État intervienne avec force dans les filières stratégiques, comme vous le faites déjà dans les nano-technologies – je peux en témoigner, et je m'en félicite.
...Oui, il faut investir dans la croissance écologique, mais il ne faut pas jouer petits bras : les lendemains du Grenelle doivent bénéficier de sommes aussi importantes que celles que vous avez mobilisées, plus ou moins virtuellement, pour les banques. Si vous ne le faites pas, l'engagement des trois fois vingt fera pschitt !
...La France ne peut s'exonérer d'une nouvelle définition de l'État stratège – un État qui ne sera en rien incompatible avec l'Europe et qui, au contraire, facilitera la construction d'une Europe stratège volontariste, et pas seulement d'une Europe d'observation et de régulation.
L'augmentation des salaires et le pouvoir d'achat ne sont pas les ennemis de la croissance et de l'emploi – comme le stress et la morosité n'ont jamais été des facteurs de productivité.
La dérégulation à marche forcée que vous mettez en œuvre partout, dans le service public, dans la vie sociale, éducative, sanitaire ou commerciale, n'est pas la solution.... Si vous vous engagiez dans cette voie, l'espérance et la croissance reprendraient des couleurs et nous serions les premiers à soutenir vos efforts. "
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