François Brottes (PS) : "Le crédit revolving est un leurre qu'il faut interdire"

Le député PS de l'Isère, vice-président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, défend la proposition de loi socialiste en faveur de la suppression du crédit renouvelable. Les Echos : Le 15 novembre sera étudiée une proposition de loi du groupe socialiste "relative à la suppression du crédit revolving, à l'encadrement des crédits à la consommation et à la protection des consommateurs par l'action de groupe". Quelles sont les raisons de cette proposition ?
François Brottes : Cette proposition de loi, dont j'ai été l'un des premiers signataires, a été déposée du fait du grabuge causé par le crédit revolving. Ce crédit est un véritable vol, il n'y a pas d'autre mot, car il consiste à dépenser l'argent que l'on n'a pas, et que l'on ne peut pas avoir. En France, plusieurs milliers de personnes sont étouffées par les crédits qui, pour certains, frôlent des taux d'intérêt de 20%. On dénombre près d'un million de procédures de surendettement. Et 90% de ces procédures concernent des ménages ayant contracté un ou plusieurs crédits revolving, souvent après avoir essuyé un refus de prêts classiques auprès des banques.
Ce système est un véritable pousse-au-crime, dont le seul objectif est de générer l'achat compulsif, alors que les consommateurs ont de plus en plus besoin qu'on s'occupe d'eux. Conséquence : l'encours moyen des ménages français en crédits dépasse 1.105 euros, alors que le salaire médian n'excède 1.500 euros.







