Le Parlement n'a jamais validé la nomination de Proglio à EDF, selon le PS
Le Parlement n'a jamais validé la nomination de Proglio à EDF, selon le PS
PARIS (AP) - Les députés socialistes se sont indignés mardi des propos tenus par Nicolas Sarkozy, selon lequel le Parlement a validé le choix d'Henri Proglio à la présidence d'EDF. L'Assemblée et le Sénat n'ont jamais voté ni rendu d'avis sur le sujet, selon le PS.
"Comment expliquer que le président dise au Français que le Parlement a donné son avis, alors qu'il n'y a pas eu d'avis?", s'est interrogé le député socialiste François Brottes lors de la séance de Questions au gouvernement.
"Le rôle du Parlement serait-il devenu tellement inutile que le président de la République suppose toujours son avis acquis, même lorsque cet avis n'est pas sollicité?", a-t-il poursuivi.
M. Proglio a été auditionné le 27 octobre par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, et le lendemain par la commission de l'Economie du Sénat, avant sa nomination à la présidence d'EDF.
Lundi soir, dans le journal de TF1, Nicolas Sarkozy a expliqué que "toutes tendances politiques confondues, le Parlement a dit: c'est vraiment le bon choix". Or, les commissions de l'Assemblée et du Sénat n'ont pas voté sur le sujet, a rappelé M. Brottes.
Quelques minutes après M. Brottes, la socialiste Aurélie Filippetti est revenue sur d'autres affirmations du président, selon lequel M. Proglio assurera la "transition" chez Véolia "pour quelques mois". "De transitoire, il n'a jamais été question devant la commission de l'Assemblée nationale ni devant la commission du Sénat", a affirmé la députée de Moselle.
"La vérité, c'est que si cette majorité n'avait pas voté (...) la révision de la Constitution, jamais la question de la nomination des responsables des grandes entreprises publiques n'aurait été posée au Parlement", a répondu François Fillon, faisant référence à la réforme constitutionnelle de juillet 2008. "Alors commencez par remercier cette majorité d'avoir eu le courage de réformer cette Constitution".
"Le président de la République n'était pas obligé de demander que les commissions parlementaires entendent M. Proglio puisque les textes n'étaient pas encore votés", a souligné le Premier ministre, sous les huées des bancs de la gauche.







